Les oreilles de Buster, Maria Ernestam

Cela faisait longtemps que ce genre d’histoires ne m’était pas arrivé…

J’ai fait sa connaissance, non pas au hasard, mais par le biais de ce qui semble être un excellent « matchmaker », lors d’une chaude après-midi lyonnaise. On nous a présenté l’un à l’autre par cette première phrase d’introduction, et ce qui sera également la première qu’il me dira quand nous nous retrouverons dans le train :

« J’avais sept ans quand j’ai décidé de tuer ma mère. Et dix-sept ans quand j’ai finalement mis mon projet à exécution. »

Une pick-up line  provocante et osée  voire facilement aguicheuse me direz vous…  mais difficile de ne pas être intriguée par cette déclaration, cette confession au caractère inéluctable et définitive.

C’était trop en dire ou pas assez.

Je décidais de lui donner sa chance et de repartir avec lui.

Ce furent cinq jours parfaits.

Difficile de ne pas se jeter sur lui dès qu’un peu de temps libre se présentait à moi, ou bien de ne pas penser à lui en permanence. J’ai même ralenti le rythme de mes visites car je savais que plus je passais de temps en sa compagnie plus celui-ci nous était compté.

Je ne peux donc que vous conseiller de succomber aux belles paroles de Maria Ernestam et de découvrir ce qui a  poussé Eva à vouloir tuer sa mère dès son âge le plus tendre et à parvenir à exécuter son plan

Lors de son 56e anniversaire, Eva, reçoit de la part de sa petite fille un journal intime. Qu’est ce qu’une femme à la vie bien réglée pourrait bien écrire dans un carnet? Elle qui jusque là n’avait écrit que des listes de choses à faire. Pourtant, dès le soir venu elle noircit les pages de son journal et commence d’ailleurs par cette terrible confession.

Commence alors le récit des souvenirs douloureux d’Eva, toutefois dépeints avec beaucoup d’humour.  Son enfance a été partagée entre perversion et candeur, deux entités à la face blanche et noire que l’on retrouve jusque dans le style de l’écriture, où des faits de la plus grande cruauté sont décrits avec la plus grande délicatesse et candeur possibles.

Comme vous l’aurez compris j’ai juste tout simplement adoré ce livre.

C’est drôle, passionnant, jouissif et cruel mais aussi bouleversant et touchant. Comment résister au récit de cette petite fille maltraitée émotionnellement ? C’est aussi un récit faussement simple, même si Eva tire lentement sur les fils de la toile contenant le corps de sa mère, l’écheveau se révèle plein de noeuds, de faux-semblants et de rebondissements (le sens du titre est…assez brutal)

Ce livre est fait pour vous :

-si vous aimez les psychopathes au grand coeur.

-si vous avez besoin de vous réconcilier avec la littérature nordique (ce qui est mon cas je ne suis pas une grande fan du genre)

-si vous en avez assez des récits fades et convenus.

-si vous voulez lire quelque chose de très bien écrit mais qui se lit facilement.

 

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5 réflexions sur “Les oreilles de Buster, Maria Ernestam

  1. Je suis fan de littérature scandinave depuis quelques années , celui ci est très plaisant à lire , et d’une lecture très addictive !

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